Honda Passport: Un retour en 2015

Si vous avez le goût d’un voyage dans le temps, mais vers 10 ans en arrière, il y a différentes façons de le faire. D’abord, vous pouvez essayer de vous construire une machine comme la Delorean de Retour vers le futur. Et bonne chance avec ça.

Vous pouvez aussi mettre la main au volant d’un Honda Passport, le VUS intermédiaire de Honda qui a tout ce qu’il faut pour être le meilleur véhicule de sa catégorie… pour l’année 2015.

Le Passport est un VUS d’assez bon format, conçu pour accueillir confortablement cinq passagers. Et c’est vrai : il est très confortable. Comme le veut la tradition chez Honda, l’habitacle est bien insonorisé, la conduite est extrêmement douce, et l’habitacle a juste ce qu’il faut d’espace utile pour accueillir sans trop les entasser quatre, ou même cinq adultes.

Là où ça se gâte, c’est partout ailleurs. Aussi bien sur le tableau de bord que sous le capot, en fait. Et ajoutons aussi, devant le bureau du vendeur, vu le prix demandé pour ce véhicule qui n’offre rien de bien nouveau, ou même de concurrentiel par rapport à ce qui se vend ailleurs.

D’abord, rappelons que le Passport coûte, selon la version choisie, entre 50 000 et 58 000 dollars. C’est beaucoup. On ne parle pas d’un VUS signé Audi ou BMW, ici. Et pour ce prix, on obtient un VUS animé par un moteur V6 de 3,5 litres qui est presque le même que Honda vendait au tournant du millénaire.

Bon, on exagère, mais sur papier, c’est pratiquement ça. Le V6 à aspiration naturelle (il n’y a rien de mal à ça, cela dit) produit une puissance de 280 chevaux et un couple maximal de 262 livres-pied. Tout ça est transmis aux roues motrices par une boîte automatique à 9 rapports qui, elle, est très moderne. Elle est combinée à un système électronique de gestion variable du couple pour fournir au conducteur un rouage intégral qui est, en fin de compte, le principal attrait du Passport.

Après tout ça, vous vous dites sûrement que le Passport a au moins le mérite d’être assez puissant et performant pour rivaliser avec un Hyundai Santa Fe, ou même une Subaru Outback… mais ce n’est pas si simple. Le V6 utilisé par Honda manque de muscle. On le croirait essoufflé en permanence.

Il n’a pas, comme on dit en termes très techniques, ce « oumph » qu’on aimerait le voir déployer quand on a besoin d’une accélération soudaine sur l’autoroute. Si on avait à dire, on dirait que la combinaison V6 et boîte à 9 rapports n’est peut-être pas optimale.

Surtout qu’à la fin de la journée, on s’en sort avec une consommation de presque 12 litres aux 100 kilomètres, ce qui n’est pas mieux que ce qu’un VUS intermédiaire comparable faisait en 2015, en fin de compte…

À bord aussi, on a raté quelques années de mises à niveau. Le système multimédia est une version simplifiée d’un système que Honda et Acura utilisent depuis plus d’une génération déjà. L’écran est petit, l’interface est datée et les interfaces CarPlay et Android Auto requièrent une connexion USB.

Bref, on n’est pas en 2024, ici, mais à une autre époque. Une époque qui ne suscite aucune nostalgie, en fait, ce qui ne fait rien pour aider la cause de Honda…

 

Le texte Honda Passport: Un retour en 2015 provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile