Le Ford F-150 est le véhicule le plus vendu au Canada et, on va se le dire, c’est une énorme camionnette. Il faut dire que le marché des camionnettes plein format est très populaire partout en Amérique du Nord, et que juste après le F-150 se trouve les Silverado et Sierra du duo Chevrolet-GMC, qui ne sont pas très petits eux non plus. En fait, même dans le créneau des camionnettes qu’on pourrait qualifier d’intermédiaires, on fait aussi dans la surenchère de taille et de poids.

La GMC Canyon en est la preuve.

Le premier indice que les camionnettes intermédiaires ne sont pas des demi-mesures, c’est du côté de leur prix. La Canyon est le modèle un peu plus huppé d’une paire de véhicules chez GM qui est complétée par la Chevrolet Colorado. Son prix de base est d’un peu plus de 50 000 $. Ça monte jusqu’à 70 000 $ pour le modèle AT4X fait sur mesure pour les amateurs de sentiers rocailleux, mais disons qu’à 55 000 $, vous avez la version la plus raisonnable de ce modèle.

Mais quand même, ce n’est pas une aubaine.

Cela dit, ce n’est pas un casse-tête non plus. Peu importe la version choisie, le moteur reste le même. GMC opte pour un 4 cylindres turbo de 2,7 litres qui produit une puissance de 310 chevaux et un couple de 430 livres-pied. Pour un 4 cylindres, c’est beaucoup. Chevrolet offre en entrée de gamme une version un peu moins musclée d’un 4 cylindres turbo de 2,7 litres. Si jamais. Peu importe la cylindrée, on hérite d’une boîte automatique à 8 rapports qui est irréprochable. On dira ce qu’on voudra des camionnettes GM, on ne peut pas se plaindre de la façon dont la puissance est transmise aux roues motrices. L’étagement est parfait, à vide ou avec une remorque.

 

Le 4 cylindres du Canyon a du couple en masse presque tout le temps. Il n’a peut-être pas la sonorité d’un 6 ou d’un 8 cylindres, mais il livre la marchandise. On pourrait dire par contre qu’il a l’appétit d’une plus grosse cylindrée. Sa consommation moyenne avoisine les 13 litres aux 100 kilomètres, à vide, sur l’autoroute. GMC aurait pu faire mieux. En fait, le V6 offert dans les années passées faisait mieux, lui, à ce chapitre.

Bref.

Ce qu’on en retient, mécaniquement parlant en tout cas, c’est que le Canyon, et le Colorado aussi pourquoi pas, semble cibler avant tout une clientèle professionnelle qui a régulièrement besoin de remorquer ou de transporter des charges pesantes. Leur capacité de remorquage est de 7700 livres, soit la plus élevée de la catégorie. L’accélération ne décoiffe pas, mais le couple est généreux (on l’a déjà dit).

Avec ses roues de 20 pouces, ses porte-à-faux très courts et une bonne garde au sol, le Canyon est aussi un des véhicules les plus aptes à se sortir du pétrin sur des sentiers hors route.

Au volant, ça se traduit par un comportement qui a les qualités et les défauts de ces deux prétentions : bon pour remorquer, bon pour le hors route. On peut ajuster le comportement du véhicule grâce à un sélecteur de mode de conduite qui altère un peu le comportement général de la camionnette, mais dans l’ensemble, on conduit une « vraie » camionnette. La suspension a un débattement assez généreux si vous frappez un dos d’âne trop rapidement, mais elle absorbe avec douceur les nids-de-poule.

Au volant, on ne s’excitera pas trop avec la présentation de l’habitacle. GM a déployé dans à peu près tous ses véhicules en 2024 un nouveau système d’affichage à deux écrans dont l’interface est vraiment minimaliste, voire un peu triste. C’est pour faire la place, imagine-t-on, à la prochaine version des interfaces CarPlay et Android Auto, qui vont personnaliser un peu plus les cadrans.

À voir.

Entre temps, on a un habitacle qui, s’il n’est pas particulièrement luxueux ni élégant, est assez spacieux pour quatre ou même cinq adultes. À notre humble avis, le Canyon a tout ce qu’il faut pour convaincre les acheteurs d’une Sierra de rétrograder un brin et d’économiser sur le prix de vente, et peut-être aussi sur le carburant.

Mais en même temps, ce n’est pas une économie si importante que ça. Ce qui est décevant, car il y a de la place dans le marché à notre avis pour une vraie camionnette américaine de format intermédiaire, peut-être un peu plus compacte, qui rappellerait les petits modèles des années 1980 et 1990.

 

 

Le texte GMC Canyon : une petite camionnette, ça n’existe pas provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile