Les constructeurs qui s’opposent à l’électrification de l’automobile avancent souvent (et à tort, quand on regarde les chiffres) que les acheteurs ne sont juste pas intéressés à acheter une auto électrique. Ces constructeurs-là ont tendance à vendre un peu à reculons leurs propres véhicules électriques, et un de ces constructeurs-là, manifestement, est Honda.

Malheureusement, il suffit de regarder le prix de détail de ses véhicules électrifiés en tout ou en partie pour comprendre pourquoi Honda n’est pas très excité par le virage électrique. Le meilleur exemple est son CR-V, offert en une version hybride dont le prix de détail démarre à 49 000$, ce qui est 12 000 $ au-dessus du prix de base du CR-V à moteur à essence seulement. Vu l’écart, on ne devrait pas s’étonner qu’il soit beaucoup moins populaire en version hybride…

Vu son prix, on était aussi plutôt curieux de voir si sa mécanique bicéphale livrait la marchandise suffisamment pour absorber la surprime, ou en tout cas, si elle avait ce qu’il faut pour rendre ce petit VUS qui est de moins en moins petit assez attrayant pour justifier un prix d’environ 50 000$.

Là-dessus, les avis seront partagés. Sur papier, ça semble assez évident. De base, le CR-V est animé par un 4 cylindre turbo de 1,5 litre qui génère une puissance de 190 chevaux et un couple de 179 livres-pied. Le moteur hybride, composé d’un moteur électrique jumelé à une cylindrée de 2 litres à aspiration naturelle, produit une puissance maximale de 204 chevaux et un couple de 247 livres-pied.

Tous les CR-V ont une boîte de transmission à variation continue (une CVT) et un rouage intégral à commande électronique. Le CR-V hybride hérite en prime d’un sélecteur à quatre modes de conduite (sport, normal, écono et neige), ce que n’ont pas ses autres versions.

La bonne nouvelle est que tous les CR-V carburent à l’essence ordinaire, malgré le turbo. Leur consommation moyenne annoncée par Honda est de 8,4 litres aux 100 kilomètres pour les modèles à essence et de 6,4 litres aux 100 kilomètres pour le CR-V hybride.Évidemment, dans la vraie vie, c’est un peu différent. Attendez-vous plutôt à consommer entre 9 et 10 litres aux 100 kilomètres au volant du CR-V, et si vous optez pour l’hybride, ce sera plus près des 8 à 9 litres aux 100 kilomètres.

Ce qui, si vous êtes vite sur vos patins en termes de mathématiques, revient à dire que le moteur hybride n’apporte pas grand-chose de plus, et ne vaut essentiellement pas les 12 000 $ de plus qu’il coûte.

Évidemment, on aimerait vous dire que l’équipement ajouté sur cette version du CR-V compense pour la surprime, mais là encore, on reste un peu sur notre faim. On a CarPlay et Android Auto sans fil, plutôt qu’à connexion USB, et un système multimédia avec écran de 9 pouces combiné à 12 enceintes de la marque Bose, plutôt qu’un système à 6 ou 8 haut-parleurs.

Les sièges avant sont à commande électrique à bord de l’hybride, comme pour la version EX-L la plus équipée, et on peut opter pour un cuir perforé aux accents orange très chic.

Mais presque 50 000 $ pour tout ça, à notre humble avis, c’est cher payé. Peut-être que c’est même trop cher, pour un VUS qui se veut pourtant un modèle plus ou moins d’entrée de gamme. On se rappelle peut-être un peu trop le CR-V d’une autre époque, quand ce modèle-là était, avec le Toyota Rav4 et le Suzuki Vitara, un des plus petits véhicules familiaux vendus au Canada.

Allez savoir. Mais à 50 000 $, on comprend pourquoi le CR-V hybrid ne convainc personne que l’électrification vaut la peine.

 

 

Le texte Honda CR-V hybrid provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile